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MEAT PARADOXE - Description schématique de la création en cours

Meat Paradoxe, est une création hybride en cours qui explore les relations entre le corps en mouvement et la technologie, et plus spécifiquement, les relations entre la somatique et la technologie.

Il se présente comme une sculpture tridimentionnelle (3D) en mouvement mettant en scène 5 danseuses en contact presque permanent, presque nues. Ce Corps dit Collectif se meut, se déplace et prend forme par l’application des tactiques du corps fluide dit transitoire de Trisha Brown et d’une radicalisation des principes du corps tactile de Steve Paxton. Le son est produit en temps réel et est relié étroitement à diverses dynamiques du mouvement. Ce son a la particularité d’être créé dans une dynamique collective, donc il s’agit d’un Corps Collectif Sonore et il agira comme 6e danseur (dans sa dynamique, sa temporalité et son rapport à l’espace).

Les dispositifs technologiques utilisés se veulent invisibles. Ils sont composés d’une part par des systèmes de transmission sans fil munis d’un micro pour chaque danseuse et dissimulé sur leur tête à l’aide d’un genre de turban noir et d’une autre part, d’un logiciel de spatialisation sonore, Le Ring, créé par Dominique Besson, Olivier Koechlin et Antoine Schmitt.

La scénographie se présente comme 3 espaces circulaires de plus en plus en grand. Le premier cercle est l’espace de performance où les danseuses évoluent. Il a 6 mètres de diamètre et est disposé au centre. Autour de ce cercle, est disposé le public dans un « beigne » qui est très proche de l’espace des danseuses. Ensuite sont disposés les 8 haut-parleurs du système de spatialisation qui compose le dernier « beigne », et qui est l’espace qui délimite l’espace total de la performance. Le public étant entre les haut-parleurs et l’arène/espace de performance des danseuses. La grande proximité du public avec ces 2 espaces est voulue. Il participe d’une stratégie de déstabilisation sensorielle et perceptuelle que nous expérimentons. Par cette hyperproximité, nous cherchons à provoquer un effet un peu hypnotique devant cette « forme complexe », devenue sonore : cette masse de chair qui chante, qui parle, qui gémit. La proximité du corps nu des danseuses, cette chair en mouvement, provoque une première perte de repère, une déhiérarchisation, car on est dans la chair. Au même moment, on entend cette masse de chair. On est donc dans une 2e perte de repère, car le spectateur est immergé dans cette forme vivante sonore (le son en mouvement est produit en temps réel par les 5 danseuses) par la proximité qui lui enlève ses références analytiques. Il se retrouve dans la forme, il est dans l’hyperintime et il est immergé également par le son de cette forme qui se déplace autour de lui, traverse son espace. Donc, il y a deux formes à laquelle le public n’est pas habitué, qui brouille ses codes, ses repères et qui bougent autour de lui. Ce travail se veut la mise en scène de la présence et de la chair de cette masse humaine dans sa dimension matérielle et interconnectée.

Cette envie de travailler sur le Corps dit Collectif reflète le désir de trouver une forme performative qui reflète l’interconnectivité et la complexité de notre monde. C’est un travail tel qu’ont pu le faire les Post-Modernistes à leur époque, dans leur contexte : une redéfinition des structures et des codes de la performance/danse actuelle.

Voyage poétique au sein de l’hyperintimité et d’un érotisme sculptural, cette création est un hymne à la vie, à la féminité et à la beauté. C’est une réflexion sur la sensorialité, sur la perception. C’est également une réflexion sur l’orgiaque au sens mythologique du terme c’est-à-dire une expérience du corps vers les différentes formes de pertes de repères.